Histoire du séminaire 

 

Le contexte historique de la fondation du Séminaire français de Rome est marqué par la lutte entre gallicanisme et ultramontanisme.

P. de LannurienEn 1833 arrive à Rome un séminariste français, désireux de poursuivre ses études "au pied même de la Chaire de saint Pierre" afin d'achever de former son intelligence et son cœur dans la fidélité au Siège Apostolique. Il s'appelle Emmanuel d'Alzon, et passera à Rome deux ans avant de solliciter l'ordination sacerdotale, puis de devenir plus tard le fondateur des Augustins de l'Assomption. L'idée lui vient alors que le remède au gallicanisme pourrait passer par l'établissement permanent d'une institution de formation pour les futurs prêtres à Rome même ; cependant, le contexte politique ne permettra la mise en œuvre de ce projet qu'en 1852, lorsque Louis-Napoléon recherchera l'appui des catholiques de France pour asseoir la restauration de l'Empire.

Le Père d'Alzon se préoccupe alors de l'organisation du nouveau Séminaire, pour lequel il a obtenu les appuis nécessaires : il s'emploie à en faire confier la direction aux Pères du Saint-Esprit, dont la piété et l'orthodoxie sont largement réputées en France comme dans tous les pays de mission où ils œuvrent. Dès le mois de février 1853, le jeune Père Louis-Marie Barazer de Lannurien (1823-1854 ; portrait ci-contre) arrive donc à Rome pour fonder le Séminaire français ; de nombreuses négociations finissent par déboucher sur l'achat de l'ancien Collège des Irlandais, via degli Ibernesi, et la première rentrée scolaire a lieu dès octobre 1853, appuyée par plusieurs évêques français.

Cependant, la taille des bâtiments se révèle rapidement insuffisante ; il revient au R.P. Melchior Freyd, successeur du P. de Lannurien (victime du choléra), de pourvoir à l'agrandissement du Séminaire ou à son déménagement. De retour d'un pèlerinage à Lorette où il a confié son souci à Notre-Dame, le Père apprend providentiellement l'écroulement de l'église de Sainte-Claire (image ci-dessous), attenante à un ancien couvent d'où les Clarisses avaient été chassées sous l'Empire. Avec l'approbation officielle du Pape Pie IX, lequel fait don par motu proprio de l'église écroulée et du terrain, le Séminaire se porte acquéreur de l'ensemble immobilier, et la première rentrée scolaire via santa Chiara se déroule en octobre 1856.

Les travaux de reconstruction de la chapelle ne s'achèvent qu'en 1881, bien que la première Messe y ait été célébrée dès le 21 novembre 1861 ; elle est consacrée sous le double vocable de l'Immaculé Cœur de Marie et de sainte Claire.

Les bâtiments originels du couvent des Clarisses, quant à eux, sont vétustes, inadaptés à un séminaire, et presque insalubres. De 1883 à 1890, les vieux immeubles sont progressivement remplacés, sans déplacement de la communauté, par un ensemble architectural unifié et ample à la manière de Bramante, où l'air et la lumière pénètrent abondamment.

Ancien Santa ChiaraLa Bulle In sublimi Principis du 14 juillet 1859 marque l'approbation canonique du Séminaire par le Pape Pie IX, qui se déclare "pour toujours protecteur du Séminaire français". Son successeur Léon XIII manifeste le même intérêt pour la Maison, et lui confère le 20 juin 1902 le titre de Séminaire Pontifical par le bref Cum nihil potius.

La première visite pontificale au Séminaire a lieu en mars 1860, et Pie IX s'y révèle particulièrement attaché aux séminaristes de "cette France qu'il aime tant". La plus récente date du 11 janvier 1981.

Pendant la guerre, le Pape Pie XII demande aux communautés romaines d'héberger les Juifs pourchassés ; le Séminaire ne se dérobe pas, et pendant plusieurs mois, le nombre des séminaristes (officiels) croît sans que personne ne soit au courant de la cause véritable de ce soudain afflux de vocations.

Enfin, de 1962 à 1965, les évêques de France passent au Séminaire français la durée des sessions du Concile Vatican II ; occasion pour les séminaristes de vivre depuis les premières loges cet événement ecclésial.

Voulez-vous connaître leur signification des armes du Séminaire ?

 

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