Une année de Propédeutique spirituelle, pourquoi ?

(Noël 1997)


Avant le Premier cycle (Philosophie), certains séminaires proposent une année supplémentaire dite de Propédeutique aux jeunes qui ressentent l'appel au sacerdoce. L'un d'eux nous en parle...


L'appel au sacerdoce n'est pas toujours celui de Saint Paul sur le chemin de Damas; si tout séminariste a un jour ressenti cet appel, ce n'est qu'en se mettant à l'écoute du Seigneur que chacun peut le discerner et y répondre.

Or, le monde actuel propose un modèle de vie et une pensée radicalement opposés à ce que le prêtre vit dans son ministère: humilité, constance et fidélité, célibat, vie de prière et amour de l'Église sont bien loin de correspondre aux "valeurs" contemporaines. Le prêtre conserve toutefois dans son apostolat son auréole d'homme de science, versé en théologie; mais là encore, en un monde où le domaine du savoir ne cesse de croître, la science théologique est considérée au même plan de crédibilité que les autres sciences humaines: psychologie, sociologie. C'est donc, pour le jeune qui se sent appelé, l'identité du prêtre qu'il faut retrouver.

Il importe dès lors qu'il se retire comme le faisait Jésus "dans les solitudes" (Mt 14,13) pour être à l'écoute du Seigneur et ancrer sa vocation naissante: c'est dans la prière qu'il trouvera le sens du célibat pour le Royaume, de l'amour et du pardon, le sens de la présence fidèle du Christ qui appelle à la fidélité. C'est aussi en aimant toujours plus que lui viendra le désir de connaître mieux le Seigneur par l'étude et le travail intellectuel, motivation sans laquelle la théologie n'a guère de sens.

Là est l'ambition de l'année de propédeutique spirituelle: vivre un temps où la priorité n'est pas donnée aux études mais à la vie intérieure et à la concrétisation de l'appel. La formation portera principalement sur les grandes écoles de spiritualité, sur les exigences de la Charité fraternelle, sur le mystère de l'Église "mère et maîtresse", Épouse du Christ que le prêtre doit aimer pour la servir.

Après cette année, si le discernement est positif, le propédeute sera fin prêt (du moins, je l'espère !) pour s'attaquer aux études intellectuelles dont il entrevoit désormais mieux la finalité.

Bertrand Cardinne