Avant le Premier cycle (Philosophie), certains séminaires
proposent une année supplémentaire dite de Propédeutique
aux jeunes qui ressentent l'appel au sacerdoce. L'un d'eux nous
en parle...
L'appel au sacerdoce n'est pas toujours celui de Saint Paul sur
le chemin de Damas; si tout séminariste a un jour ressenti
cet appel, ce n'est qu'en se mettant à l'écoute
du Seigneur que chacun peut le discerner et y répondre.
Or, le monde actuel propose un modèle de vie et une pensée
radicalement opposés à ce que le prêtre vit
dans son ministère: humilité, constance et fidélité,
célibat, vie de prière et amour de l'Église
sont bien loin de correspondre aux "valeurs" contemporaines.
Le prêtre conserve toutefois dans son apostolat son auréole
d'homme de science, versé en théologie; mais là
encore, en un monde où le domaine du savoir ne cesse de
croître, la science théologique est considérée
au même plan de crédibilité que les autres
sciences humaines: psychologie, sociologie. C'est donc, pour le
jeune qui se sent appelé, l'identité du prêtre
qu'il faut retrouver.
Il importe dès lors qu'il se retire comme le faisait Jésus
"dans les solitudes" (Mt 14,13) pour être à
l'écoute du Seigneur et ancrer sa vocation naissante: c'est
dans la prière qu'il trouvera le sens du célibat
pour le Royaume, de l'amour et du pardon, le sens de la présence
fidèle du Christ qui appelle à la fidélité.
C'est aussi en aimant toujours plus que lui viendra le désir
de connaître mieux le Seigneur par l'étude et le
travail intellectuel, motivation sans laquelle la théologie
n'a guère de sens.
Là est l'ambition de l'année de propédeutique
spirituelle: vivre un temps où la priorité n'est
pas donnée aux études mais à la vie intérieure
et à la concrétisation de l'appel. La formation
portera principalement sur les grandes écoles de spiritualité,
sur les exigences de la Charité fraternelle, sur le mystère
de l'Église "mère et maîtresse",
Épouse du Christ que le prêtre doit aimer pour la
servir.
Après cette année, si le discernement est positif,
le propédeute sera fin prêt (du moins, je l'espère
!) pour s'attaquer aux études intellectuelles dont il entrevoit
désormais mieux la finalité.
Bertrand Cardinne