Sem2001@Lyon vu par les séminaristes
C'est peut-être passé à la trappe, à cause des événements dramatiques de ces dernières semaines. Pourtant, au milieu de cette actualité quasi apocalyptique, il s'est passé un petit quelque chose, oh pas grand chose. Seulement quelque 930 séminaristes diocésains qui se sont rassemblés à Lyon avec leurs formateurs.
Si c'était pour se montrer et être vu, alors c'est raté ; les media ont peu couvert la rencontre. Mais s'il s'agissait d'aller aux sources de la foi en France, alors c'est réussi.
L'Eglise de Lyon, c'est - avec celle de Vienne (qui a été complètement omise dans cette rencontre pèlerinage) - le berceau de la chrétienté en France. Nous avons marché à la suite des martyrs de 177, et des autres figures de sainteté que sont Jean-Marie Vianney et Antoine Chevrier.
Ce sont les communautés catholiques de l'agglomération lyonnaise qui nous ont accueillis dans des familles diverses et variées (de la presqu'île au Rhône Vert en passant par Vénissieux), un peu à l'image de nos groupes bigarrés.
Eh oui, nous sommes encore mille hommes à faire ce choix soi-disant démodé et ringard d'être prêtre diocésain. Comme nous le disait non sans humour Mgr Marcus, « ce n'est pas prestigieux, vous ne ferez pas d'économies », et pourtant, en matière de radicalité, ce choix n'a rien à envier aux autres : la radicalité de la présence au monde sans être du monde, la radicalité du service des communautés locales au Nom du Christ et de l'Evangile.
Certes, sommes-nous davantage conscients d'être ces serviteurs parfois inutiles, en tout cas humbles. C'est peut-être aussi cela qu'a à nous rappeler ce petit curé du XIXème siècle à nous futurs prêtres du XXIème : c'est pas glorieux, ça paie pas de mine, et pourtant c'est un chemin de sainteté.
Alors certes, à mille, on se tient chaud, on se fait plaisir, et c'est bien comme ça. Mais, sans jamais cultiver la « sinistrose », il faut être réaliste, nous sommes peu. Il faut effectivement prier le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers. Mais, comme dans toute prière de demande, par exemple « Que ton Règne vienne ! » ; il ne s'agit pas d'attendre que vos futurs pasteurs tombent du ciel ! Notre Eglise a les pasteurs qu'elle suscite. Si donc il y en a peu, ce n'est pas forcément que Dieu n'exauce pas nos prières. Quelle foi avons-nous ? Jusqu'où va la folie de croire de nos communautés ? Où est la joie de croire ? Car on ne donne pas ainsi sa vie si l'on n'est pas soi-même enfanté pas une communauté vivante.
Nous sommes peu, oui, mais heureux de répondre à
l'invitation du Christ : « Duc in altum ! »
(Luc 5,4)
...Oui, l'eau est profonde...
Mais, répondant joyeusement, « Je vais où
Dieu me mène, incertain de moi, mais sûr de Lui »
(Lacordaire).
Loïc Lagadec et Christophe Delaigue