A la cathédrale Saint-Jean, le Saint-Père reprend les paroles du début de son Pontificat : "N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ !. Ouvrez vos curs, vos vies, vos doutes, vos difficultés, vos joies et vos affections à sa force salvifique et laissez-le entrer dans vos curs. "N'ayez pas peur! Le Christ sait ce qu'il y a dans l'homme. Lui seul le sait !". C'est ce que je disais le 22 octobre 1978. Je le répète avec la même conviction aujourd'hui, en voyant resplendir dans vos yeux l'espérance de l'Eglise et du monde. Oui, laissez le Christ régner sur vos jeunes vies, servez-le avec amour. La liberté c'est servir le Christ !"
A Saint-Pierre, le Pape nous appelle à vivre en fils de lumière en choisissant le Christ, le Verbe Créateur qui est vie et lumière : "Chers amis qui avez parcouru tant de kilomètres pour venir ici à Rome, qu'êtes-vous venus chercher ? Ou mieux, qui êtes-vous venus chercher ? Il ne peut y avoir qu'une seule réponse : vous êtes venus chercher Jésus Christ ! L'Evangéliste dit : "Le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde" (Jn 1, 9). Le Christ lui-même, se présentant comme la lumière du monde, dira un jour : "Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière : vous serez alors des fils de lumière" (Jn 12, 36). En référence à cette exhortation, saint Paul écrira : "Vivez comme des fils de la lumière ; or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité" (Ep 5, 8-9).
Le cur du Prologue de saint Jean est l'annonce que "le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous" (1, 14). Un peu avant, l'Evangéliste avait déclaré : "Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont par reçu." Chers amis, êtes-vous parmi ceux qui ont reçu le Christ ? Votre présence ici est déjà une réponse.
Vous êtes venus à Rome :
- pour recevoir en vous la puissance de vie qui est en lui.
- pour redécouvrir la vérité sur la création.
- pour renouveler en vous la conscience de la dignité de
l'homme, créé à l'image et à la ressemblance
de Dieu.
Ces journées que vous passerez ensemble à Rome doivent servir à ce que croisse et que s'affermisse votre foi dans le Christ."
Le Saint-Père parle ensuite de sa foi personnelle, de la maturation de son choix de vie, qui est pour lui comme pour nous un don de Dieu : "Aujourd'hui, je désire avant tout vous dire que je crois fermement dans le Christ Jésus notre Seigneur. Mais ma foi, comme celle de Pierre et comme celle de chacun de vous, n'est pas seulement mon uvre, ma propre adhésion à la vérité du Christ et de l'Eglise. Elle est essentiellement et avant tout l'uvre de l'Esprit Saint, le don de sa grâce. Je vous ai donné mon témoignage pour montrer que le chemin de la foi passe à travers tout ce que nous vivons. Dieu agit dans l'histoire concrète et personnelle de chacun de nous : à travers elle, parfois de manière vraiment mystérieuse, se présente à nous le Verbe "fait chair", venu habiter parmi nous.
Ne permettez pas que le temps que le Seigneur vous donne s'écoule comme si tout était un hasard. Toute chose a été faite dans le Christ. Croyez donc fermement en lui. Il guide l'histoire des personnes comme celle de l'humanité. Bien entendu, le Christ respecte notre liberté, mais dans toutes les vicissitudes joyeuses ou amères de la vie, il ne cesse de nous demander de croire en lui, de croire en sa Parole, en la réalité de l'Eglise, en la vie éternelle.
Vous ne devez donc jamais penser qu'à ses yeux vous êtes des inconnus, des numéros d'une foule anonyme. Chacun de vous est précieux pour le Christ, chacun est connu personnellement, est aimé tendrement, même quand il ne s'en rend pas compte."
C'est dans la prière que chacun expérimente le choix du Christ et l'action de l'Esprit-Saint : "Chers amis, laissez-vous modeler par l'Esprit Saint. Faites l'expérience de la prière, laissant l'Esprit parler à votre cur ! Prier, cela veut dire consacrer un peu de son temps au Christ, se confier à lui, rester à l'écoute silencieuse de sa Parole, la faire résonner dans son cur.
Réservez-vous des moments de silence, de prière, de recueillement. Demandez à l'Esprit Saint d'éclairer vos esprits, demandez-lui le don d'une foi vive, qui donne pour toujours un sens à votre vie en l'enracinant dans la personne de Jésus, le Verbe fait chair.
Puisse la Vierge Marie, qui par l'Esprit Saint a donné naissance au Christ, et puissent les saints Pierre et Paul, ainsi que tous les autres saints et martyrs, soutenir votre marche !"
"Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?" (Mt 16, 15). Cet épisode de l'Evangile est, pour le Pape, le premier "laboratoire" de la foi, où se vérifie la maturité de la foi des disciples.
"Simon-Pierre lui répond: "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16, 16). À son tour, le Maître lui adresse ces paroles surprenantes : "Heureux es-tu, Simon fils de Yonas: ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux"(Mt 16, 17). Pourquoi Jésus veut-il entendre ce que les hommes pensent de lui?
Jésus veut que les disciples expriment leurs convictions. Mais en même temps il sait que le jugement qu'ils porteront ne sera pas seulement leur jugement, parce que s'y révélera ce que Dieu aura mis dans leurs curs par la grâce de la foi. Le mystère de la naissance et de la maturation de la foi se révèle dans ce dialogue :
- Il y a d'abord la grâce de la révélation: Dieu qui se donne à l'homme d'une façon intime, inexprimable.
- Il y a ensuite la demande d'une réponse à donner.
- Enfin, il y a la réponse de l'homme, réponse qui devra désormais donner sens et forme à toute sa vie.
Voilà ce qu'est la foi! C'est la réponse de l'homme raisonnable et libre à la parole du Dieu vivant."
Deuxième "laboratoire" de la foi : la rencontre du Christ ressuscité avec saint Thomas: "Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d'être incrédule, sois croyant!" (Jn 20, 27). Thomas lui répond alors: "Mon Seigneur et mon Dieu!" (Jn 20, 28). La vérification de la foi des disciples est ici plus radicale : "nous nous trouvons devant une dialectique de la foi et de l'incrédulité, et, en même temps, devant une proclamation plus profonde encore de la vérité sur le Christ. La Révélation divine, la question du Christ et la réponse de l'homme ont eu leur achèvement dans la rencontre personnelle du disciple avec le Christ vivant. Cette rencontre est devenue le début d'une nouvelle relation entre l'homme et le Christ, une relation où l'homme reconnaît existentiellement que le Christ est Seigneur et Dieu de son existence humaine concrète. Notre rencontre d'aujourd'hui à Rome, chers jeunes, est aussi une sorte de "laboratoire de la foi" pour vous, disciples d'aujourd'hui, pour ceux qui croient au Christ au seuil du troisième millénaire.
Chacun de vous peut mesurer ses propres difficultés à croire et aussi éprouver la tentation de l'incrédulité. Mais en même temps il peut faire l'expérience d'une adhésion de foi progressive. Toujours, en effet, dans l'esprit humain, laboratoire de la foi, Dieu et l'homme se rencontrent l'un l'autre. Sans cesse, le Christ Ressuscité permet à chacun de faire l'expérience de sa présence et de proclamer: Ô Christ, tu es "mon Seigneur et mon Dieu !"
Tout être humain, comme l'Apôtre Thomas, pose les questions de fond: Est-il vrai que Dieu existe ? Est-il vrai que le Fils de Dieu s'est fait homme, est mort et est ressuscité ? La réponse s'impose avec l'expérience que la personne fait de sa présence, dans l'Esprit-Saint. Alors, les blessures ouvertes du Christ Ressuscité parleront à chacun.
"Heureux ceux qui croient sans avoir vu !" Chers amis, aujourd'hui encore, croire en Jésus, suivre Jésus sur les pas de Pierre, de Thomas, des premiers Apôtres et témoins, exige de prendre position pour lui, et il n'est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre. Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! Une fidélité à vivre dans les situations quotidiennes : fiancés et jeunes couples dans leur engagement de fidélité réciproque, personnes consacrées dans le don de soi à Dieu et à leurs frères, personnes désireuses de vivre des rapports de solidarité et d'amour dans un monde de profit...
Chers jeunes, est-il difficile de croire? Oui, c'est difficile! On ne peut pas le nier ; mais avec l'aide de la grâce c'est possible. En réalité, c'est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur; c'est lui qui vous attend, qui vous attire tellement ; c'est lui qui vous pousse à faire tomber les masques qui faussent la vie, qui suscite en vous la volonté de suivre un idéal, le courage de vous engager, pour améliorer la société, en la rendant plus humaine et plus fraternelle.
Chers jeunes, vous n'êtes pas seuls. Avec vous, il y a tous ceux qui ne se lassent pas d'aimer le Christ et de croire en lui. Dans la lutte contre le péché, vous n'êtes pas seuls: beaucoup luttent comme vous et triomphent avec la grâce du Seigneur!
Chers amis, à l'aube du troisième millénaire, je vois en vous les "sentinelles du matin" (cf. Is 21, 11-12). Aujourd'hui, vous êtes venus ici pour affirmer que, dans le nouveau siècle, vous n'accepterez pas d'être des instruments de violence et de destruction; que vous défendrez la paix, en payant de votre personne si nécessaire. Vous ne vous résignerez pas à un monde où d'autres hommes meurent de faim, restent analphabètes ou manquent de travail. Vous défendrez la vie à tous les instants de son développement ici-bas...
Chers jeunes du siècle qui commence, en disant "oui" au Christ, comme la Vierge Marie, vous dites "oui" à chacun de vos plus nobles idéaux. Je prie pour que le Christ règne dans vos curs et dans l'humanité du nouveau siècle et du nouveau millénaire. N'ayez pas peur de vous en remettre à lui. Il vous guidera, il vous donnera la force de le suivre chaque jour et en toute situation."
Au cours de la veillée d'hier soir, nous avons confirmé, ensemble et avec le Pape, notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu. Aujourd'hui, nous écoutons dans l'Evangile un passage du discours prononcé par Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, après le miracle de la multiplication des pains. "Dans ce discours, Jésus se révèle comme le vrai pain de la vie, le pain descendu du ciel pour donner la vie au monde (cf. Jn 6, 51). C'est un discours que les auditeurs ne comprennent pas. Mais Jésus insiste : "Les paroles que je vous ai dites insiste-t-il sont esprit et elles sont vie." Les auditeurs hochent la tête et, tout en grommelant, ils s'en vont les uns après les autres. Mais sur "le pain de la vie", Jésus n'est pas disposé à transiger. Il est plutôt prêt à s'exposer à l'abandon même des plus intimes : "Voulez-vous partir, vous aussi ?" (Jn 6, 67).
"Vous aussi ?" La question du Christ enjambe les siècles et parvient jusqu'à nous, elle nous interpelle personnellement et sollicite une décision. Quelle est notre réponse ? Chers jeunes, la période actuelle de votre vie vous impose des choix décisifs. Mais il est important de se rendre compte que, parmi les nombreuses questions qui se présentent à votre esprit, celles qui sont décisives ne concernent pas le "quoi". La question de fond est "qui" : vers "qui" aller, "qui" suivre, "à qui" confier sa vie.
Vous pensez à votre choix affectif, et j'imagine que vous êtes bien d'accord : ce qui compte vraiment dans la vie c'est la personne avec laquelle on décide de la partager. Mais attention ! Toute personne humaine est inévitablement limitée. Seul Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu et le Fils de Marie, le Verbe éternel du Père né il y a deux mille ans à Bethléem de Juda, est en mesure de satisfaire les aspirations les plus profondes du cur humain.
Dans le sacrifice eucharistique, nous pouvons entrer en contact, de façon mystérieuse mais réelle, avec sa personne, puisant à la source inépuisable de sa vie de Ressuscité. Telle est la merveilleuse vérité, chers amis : le Verbe, qui s'est fait chair il y a deux mille ans, est présent aujourd'hui dans l'Eucharistie. L'Eucharistie est le sacrement de la présence du Christ qui se donne à nous parce qu'il nous aime. Il aime chacun de nous de façon personnelle et unique dans la vie concrète de chaque jour : dans la famille, parmi les amis, dans les études et au travail, dans le repos et dans les distractions, dans la joie et la souffrance ; même à travers les épreuves les plus dures, il nous fait entendre sa voix.
Oui, chers amis, le Christ nous aime et il nous aime toujours ! Il ne nous ferme jamais les bras de sa miséricorde. Comment ne pas être reconnaissant envers ce Dieu qui nous a rachetés en allant jusqu'à la folie de la Croix ? Envers ce Dieu qui s'est mis de notre côté et qui y est demeuré jusqu'au bout ?
Célébrer l'Eucharistie "en mangeant sa chair et en buvant son sang" signifie accepter la logique de la croix et du service. Cela signifie donc témoigner de sa propre disponibilité à se sacrifier pour les autres, comme il l'a fait lui-même. Les jeunes ont besoin plus que jamais de ce témoignage, eux qui sont souvent tentés par les mirages d'une vie facile et confortable, par la drogue et l'hédonisme, pour se trouver ensuite dans la spirale du désespoir, du non-sens, de la violence. Il est urgent de changer de route en direction du Christ, qui est aussi la direction de la justice, de la solidarité, de l'engagement pour une société et un avenir dignes de l'homme.
Chers amis, mettez l'Eucharistie au centre de votre vie personnelle et communautaire : aimez-la, adorez-la, célébrez-la, surtout le dimanche, jour du Seigneur. Vivez l'Eucharistie en témoignant de l'amour de Dieu pour les hommes. Puissiez-vous avoir toujours, dans chaque communauté, un prêtre qui célèbre l'Eucharistie ! C'est pourquoi je demande au Seigneur que fleurissent parmi vous de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce. L'Église a besoin d'hommes qui célèbrent aujourd'hui, avec un cur pur, le sacrifice eucharistique. Le monde a besoin de ne pas être privé de la présence douce et libératrice de Jésus vivant dans l'Eucharistie ! Soyez vous-mêmes des témoins fervents de la présence du Christ sur nos autels. Que l'Eucharistie façonne votre vie, la vie des familles que vous formerez ! Qu'elle oriente tous vos choix de vie ! Que de la participation à l'Eucharistie, en particulier, jaillisse une nouvelle floraison de vocations à la vie religieuse, afin d'assurer dans l'Église la présence de forces fraîches et généreuses pour la grande tâche de la nouvelle évangélisation ! Si l'un ou l'une de vous, chers garçons et filles, entend l'appel du Seigneur à se donner totalement à lui pour l'aimer "d'un cur sans partage" (cf. 1 Co 7, 34), qu'il ne se laisse pas arrêter par le doute ou par la peur !
Merci à Dieu pour le chemin des Journées mondiales de la Jeunesse ! Merci à Dieu pour les nombreux jeunes qui se sont engagés tout au long de ces seize années ! Ce sont des jeunes qui maintenant, devenus adultes, continuent à vivre dans la foi là où ils habitent et ils travaillent. Je suis sûr que vous aussi, chers amis, vous serez à la hauteur de ceux qui vous ont précédés. Vous porterez l'annonce du Christ dans le nouveau millénaire. En rentrant chez vous, ne vous dispersez pas. Confirmez et approfondissez votre adhésion à la communauté chrétienne à laquelle vous appartenez. De Rome, de la Ville de Pierre et de Paul, le Pape vous accompagne avec affection et, paraphrasant une expression de sainte Catherine de Sienne, il vous dit : "Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier !"(cf. Lettre 368).
Je regarde avec confiance cette nouvelle humanité qui se prépare par vous, je regarde cette Église sans cesse rajeunie par l'Esprit du Christ et qui aujourd'hui se réjouit de vos résolutions et de votre engagement.
(A l'Angélus) Je veux vous saluer, vous tous, jeunes du monde, "ma joie et ma couronne" (Ph 4, 1). Je désire annoncer que la prochaine rencontre mondiale des jeunes aura lieu à Toronto, au Canada, au cours de l'été 2002."